25.04.2007
Kap’tain HeroiK’s dream…
The Kap’tain does not really sleep.
His breath is heavy and nervous, he’s got sweat dripping from his forehead.
He thinks he’s dreaming, but cannot be sure of that. Even in the deepest of his sleeps he knows he coul be dreaming of a dream! Someone told him that we dream in black and white. The Kap’tain doubts that, even more since that person is too young to ever have known B/W television! On the other hand, maybe the Kap’tain is just dreaming he’s dreaming of colours? But that doesn’t really matter. Only the Earth matters, and the Kap’tain has to save the world again!
Mars is the source of all evil.
Don’t believe the NASA: Mars is alive and the ruling race there has only one goal: conquer the earth. And that’s why unsuspecting earthlings are doomed to be rushed and burned by enormous fireballs launched from Mars, set to hit our (nearly) blue plan and scorche us all to cinders. It is a political move, since marsmen don’t master the technique of inhabited interplanetary flights (yet), and a good move, since it will enable High President D^giiidblu Bughhhz (would sound like that if there was a little more air on Mars) to win another 75 years term of public ( ?) service (Note of the translator… “sevice” ???).
In Cape ‘g Naahvrahl, The High President and his Minister of Wars congratulated fiercely at the sight of the perfect launch of a few thousand enormous flaming, scorching, irradiating, radioactive, poisonous hot-red artificial meteors, precisely, inhumanely and lethally aimed at our home world.
The Kap’tain isn’t dreaming. He already feels the hot breath of meteoritic death upon his burning skin. Dream or n dream, he suddenly leaps out of bed, immaculately dressed in his super-resistant costume, the only protection of his anonymity. With a single leap he flies out of the window and soars like an arrow of fire against the darkened sky.
The danger nears, the Kap’tain flies: already the crowds mass up in the squares and public areas, watching with growing awe as fireballs fill the skies. Panic breaks out, everyone tries to flee but there is no escape! Churches are again filled with last-minute worshippers, bridges bend under the weight of would-be suicidees, but the kap’tain HAS to save the world!
It takes him hours, it takes him days, the Kap’tain sweating under the strain, his pyjama’s slowing him down, cumbersome and wet from the sweat. But in the end all fireballs are hit like melons with his mighty fist, send back into space like so many softballs, harmless but to passing flying saucers.
And with a last burst of his mental energy, the Kap’tain erases all memories of those events from mankind’s minds, so that erveryone can forever sleep in peace.
The Kap’tain save the world again…. But is the world worth saving?
19:19
Écrit par Le Vieux
dans Général |
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11.04.2006
Vers les quais
Il faut absolument que je comprenne, il faut absolument que je trouve une solution, une Porte, autre chose, n’importe quoi.
Et si ce monde était déserté ? Et s’il était promis à la destruction ? Et les Salamandres ? Comment me protéger des Salamandres ?
J’ai beau me répéter « Pas de panique ! », j’ai le cœur qui bat de plus en plus vite.
Plus de bâtiment ici, alors il ne me reste plus qu’à suivre la pente vers la rivière. Plus bas, quelque chose ou quelqu’un aura survécu, les souterrains par exemple ? Et les Portes extérieures, comme le chemin de la Terre, ne dépendaient pas d’un mécanisme comme la console de l’Observatoire, elles ont peut-être survécu. Certainement, elles doivent avoir survécu !
Même si au fond de moi je redoute le départ de toute magie, je me raccroche à cette idée et me hâte tant bien que mal dans la direction de la rivière. Dans la descente vers l’enceinte du Pinacle, les pavés ont moins retenu l’humus que sur la place au pied de la tour. Les plantes et les arbustes en ont bien déraciné quelques uns, mais il est plus facile d’avancer, je ne dois qu’effectuer quelques crochets autour de gros massifs d’épineux à l’air hostile.
Au pied de la colline, je distingue enfin les murs d’enceinte. Ils sont aux deux tiers ensevelis, ébréchés et eux aussi envahis de lierre, d’herbes et d’arbustes. Je n’ai donc aucune peine à franchir l’enceinte en m’accrochant à la végétation, me laissant retomber sur un sol humide et moussu qui résonne sourdement sous mes pas.
Me voilà donc dans le Passage.
Il ne reste que quelques pans de murs ébranlés des maisons et commerces que j’ai connus ici. Il n’y a aucune trace de présence humaine. Pas d’animaux non plus, à l’exception des insectes et des oiseaux. Pas d’animaux vivants en tout cas. Mais au détour d’une ruine, là où se trouvait un des marchés, un surprenant groupe de Salamandres semble m’attendre, immobile. Après un premier mouvement de recul et un frisson dans le dos, je constate qu’elles sont figées, mortes. Je m’attends d’abord à une sorte de pétrification, mais à l’examen je vois bien qu’elles sont plutôt comme momifiées, desséchées sur pied. Cela ne me rassure guère. Ces créatures étaient de leur vivant assez étranges, peut-être même magiques. Je me souviens de la chaleur intense qu’elles dégageaient, trop intense pour un être de chair. Encore un signe de la disparition de toute magie, malheureusement.
Le quai le long de la rivière est dégagé de toute végétation. Voilà une première bonne nouvelle : il semble même entretenu ! Reste naturellement à savoir avec quelle fréquence des visiteurs passent par ici et de quels visiteurs il s’agit. Les Basilics seraient-ils plus compréhensifs avec moi maintenant que l’Entre-Mondes n’est plus ? Ou rencontrerais-je des Commerçants compatissants ? Mon estomac penche vers la seconde solution et me le fait comprendre bruyamment. Je n’ai malheureusement plus rien à lui proposer. L’eau de la rivière est limpide. Elle fera l’affaire pour le moment, en tout cas j’espère ne pas risquer la dysenterie en plus de mes déboires actuels.
11:57
Écrit par Le Vieux
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14.03.2006
Entre-Mondes?
Le jour me surprend endormi malgré le froid.
Contrairement à l’Entre-Mondes que j’ai connu, l’endroit ici est bien vivant. Il y a le chant des oiseaux, le vol des insectes, le bruit du vent dans les branches. Pas de brume, pas de grisaille. Le ciel est bleu et l’air limpide.
Le paysage que je contemple correspond bien à la ville que j’ai connue, mais comme déformée par anamorphose. Ou plutôt non déformée ? Au pied de la colline une plaine bute contre une rivière. Celle-ci n’est pas du tout circulaire, elle est bien rectiligne, mais je distingue une bande grise à peine marquée par la végétation sur ses bords. Les quais ?
Je cherche en vain une trace des ponts, et, sous la végétation abondante et sombre entre la rivière et la colline, une trace quelconque de la muraille qui aurait séparé le Pinacle du Passage. Mais tout est vert sur vert et je ne vois rien de particulier d’ici.
Il n’y a pas d’autre solution que de redescendre.
Au niveau de la porte, l’escalier s’arrête. Pas de niveau inférieur. Il n’y a donc qu’une seule issue : la porte en bois et la végétation touffue et urticante au-delà de son seuil. Sans outils (une machette, mon royaume pour une machette…), l’estomac vide et grognon, je me faufile tant bien que mal entre les ronces.
Si j’interprète bien ce que je vois, je suis bien sur l’Entre-Mondes, mais un Entre-Mondes en ruines, abandonné, vieux. Cela m’inquiète profondément, car je n’ai aucun moyen de savoir combien de temps a pu passer ni comment interpréter les différents phénomènes observés depuis « mes » derniers trois jours. Cette chute, la disparition de Armand, le vieillissement de l’Entre-Mondes, la Tour brisée ?
La logique me dicte (peut-on encore invoquer la logique dans ce monde absurde ?) que la Tour n’a pas pu simplement se briser. Le pied de la Tour aurait été enseveli sous les moellons en provenance des étages supérieurs. Pour autant qu’on puisse parler d’étages supérieurs pour une construction qui s’élance vers l’infini. Le sol ici est relative plat, résonne sourdement sous mes pas. C’est une épaisse couche d’humus recouverte d’un mélange d’herbe courte et de plaques de mousse, de sphaignes. Mes pas y laissent une trace grasse, écrasant les touffes vertes dans la terre humide.
Je ne vois et contourne que de arbustes bas, dont les racines courent souvent au dessus du sol. Je me dirige au jugé vers la place ronde, l’entrée de l’Observatoire. Ce ne sont que quelques dizaines de mètres, mais les ronces épaisses me contraignent à plusieurs détours. Je finis par perdre la Tour de vue et mon orientation par la même occasion. Je me dirige alors par rapport au soleil, et débouche sur une clairière ceinturée de bosses, de monticules irréguliers. La forme est caractéristique, c’est bien l’empreinte de l’Observatoire. Je suis debout à l’emplacement de l’escalier monumental, mais il n’en reste rien. Tout est parti. Rasé, évacué. Plus de console. Donc plus de Porte.
12:23
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13.03.2006
La chute de la tour
Mais si les vibrations sourdes et étranges ne nous parviennent plus, un malaise physique nous a tous deux envahi.
Le sol de pierre semble se dérober sous nos pas, nos estomacs remontent vers notre gorge : nous tombons. Ou plutôt, le monde tombe, la tour tombe. J’ouvre la bouche, je veux crier, mais aucun son ne passe mes lèvres.
La nuit la plus profonde se fait, je tombe sans fin, je ne touche plus ni murs ni sol, je ne sens plus rien, ni mon corps ni l’air que j’imagine souffler en vent de tempête autour de moi.
Et cela dure. Des heures ? Des jours ? La conscience m’a quitté et je rêve, yeux et bouche grands ouverts. Je suis à la fois dans mon corps, et en dehors. Je me vois tomber dans le néant, je ne vois que mon corps descendant en silence vers un sol qui s’est définitivement dérobé, dissous dans la brume noire de mes souvenirs.
Armand ne fait plus partie de ce monde que j’observe par les yeux de l’esprit.
Et puis je suis à nouveau debout. Sans aucun choc.
Il fait toujours noir, mais c’est l’obscurité que je connais, celle des caves et des grottes, dans laquelle j’arrive encore à deviner la forme de mes mains.
« Armand ? »
Pas de réponse.
J’entends le bruit du vent quelque part au-dessus de moi, et je sens un courant d’air frais.
Je m’accroupis et tâte le sol. C’est bien la pierre de la Tour, rugueuse près des murs et lisse, usée au centre des paliers et des marches. J’avance à quatre pattes, cherchant le mur le plus proche. Il se trouve à quelques mètres de moi, glacé mais sec. Je suis le mur tout en tâtant prudemment le sol de la pointe du pied, et découvre rapidement une porte en bois. Est-ce la porte que nous venons de refermer ? Au toucher, elle est identique.
J’abaisse la poignée qui gémit sous la rouille et la tire vers moi.
Il fait nuit, et je ne suis plus dans l’Entre-Mondes, en tout cas pas celui que j’ai connu. La Tour est maintenant dressée au sommet d’une colline nue de tout bâtiment, et est cernée de toute part par une végétation dense et humide. Il fait nuit, il fait froid, et j’hésite à m’aventurer encore plus dans l’inconnu. En me penchant par l’ouverture de la porte, j’aperçois entre le mur de la Tour et les ronces qui l’enserrent un petit morceau de ciel qui tournoie à une vitesse inhabituelle. Le ciel n’est pas la seule chose que je voie. Je vois aussi le sommet de la tour, ou plutôt je vois où la tour cesse d’exister. Elle ne se perd plus dans l’infini du ciel et des nuages, mais ne fait plus que quelques étages de haut.
La Tour semble avoir été cassée comme un vulgaire crayon. Finalement, pourquoi se poser encore beaucoup de questions ? Je secoue mentalement les tonnes d’interrogation qui se disputent l’accès à mes méninges et me rend tout simplement au sommet de la tour, puisque maintenant elle en a un.
A la lueur des étoiles (pas de lune dans le ciel), je distingue mal les environs. Le sol devant la porte de la tour est relativement plane, pour prendre une plus forte déclivité après quelques dizaines de mètres. Ensuite c’est le trou noir.
14:30
Écrit par Le Vieux
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28.06.2005
La fin de l'Entre-Mondes?
Nous nous sommes cachés pendant plusieurs heures dans les combles de l’observatoire.
Dès la fin des secousses, nous avons entendu les Commerçants et les Basilics monter les marches du grand escalier. Ils ont défilé pendant tout ce temps, portant baluchon ou sac, et disparu vers le monde rose.
Depuis la soupente nous avons vu les Dragons s’envoler et cercler tous ensemble autour de la Tour.
Armand et moi sommes inquiets de ce mouvement de panique généralisée: que se passe-t-il ? Pourquoi partent-ils tous ?
Le ciel a commencé à s’obscurcir alors qu’un dernier groupe de Basilics en armes passait la porte. Dehors, les Dragons ont crié, d’une voix si basse que les murs ont vibré à l’unisson., et ils ont soudain disparu du ciel.
Nous nous sommes aventurés sur la terrasse, et il n’y avait plus personne en vue. Pas même un Voyageur. Le ciel trop noir ne nous permettait pas de voir au loin, comme si un mur d’obscurité entourait la ville. Nous n’avons pas osé sortir et avons préféré attendre la suite des événements, attendre un signe.
Maintenant, le signe est apparent ! Nous avons entendu un nouveau grondement, la terre a à nouveau tremblé, et nous avons vu à la lueur d’éclairs d’un bleu électrique les ponts s’effondrer dans la rivière. La terre ondule à perte de vue, le bâtiment qui nous abrite monte et descend comme un bateau secoué par les vagues.
La Tour est le centre d’un immense orage électrique qui l’éclaire sur toute sa hauteur. Pourtant, nous n’en voyons pas le sommet, elle semble s’élancer vers l’espace infini, comme un fil de soie vers les étoiles.
Maintenant, ce sont les murs entre le Pinacle et le Passage qui s’effondrent. Les vitres de l’observatoire sont toutes brisées, l’air est épais de poussière et de plâtras.
Nous décidons de repartir sur le monde gris, ne désirant pas arriver sur le monde rose au beau milieu des Basilics.
Mais la boule grise reste inerte, la Porte ne s’ouvre pas.
Devant nous, le tonnerre claque. La foudre (est-ce bien de la foudre ?) a frappé le sol de la place et les pavés volent. Une des colonnes de marbre de la pièce se fend et s’effondre, le plafond dégingole sur nos têtes.
Nous reposons en hâte la boule rose sur la console de bronze, mais la Porte reste fermée.
Alors, nous fuyons, dégringolons l’escalier, glissons sur les pavés mouvants pour atteindre la ruelle qui nous permettrait de rejoindre le fleuve, quitte à le passer à la nage. Mais la rue est bloquée par les maisons qui s’effondrent.
Derrière nous, au centre de la place, se dresse la Tour. Malgré qu’elle soit le centre physique du cataclysme, elle se tient encore bien droite au milieu d’un monde qui ondoie et se défait. Alors, nous nous précipitons vers elle, vers la porte noire qui nous regarde comme une main tendue, et nous nous jetons dans l’inconnu de cette tour étrange.
La porte bat en harmonie avec les vibrations qui désintègrent l’Entre-Mondes, et nous devons nous y mettre à deux pour la fermer et rabattre le lourd loquet de bronze.
Le silence se fait brutalement.Le fait de fermer la porte nous a coupé d’un monde en décomposition.
07:45
Écrit par Le Vieux
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03.06.2005
L'Entre-Mondes tremble
Un seul regard autour de nous suffit à nous rassurer.
Nous sommes au pied de la colline qui surplombe le Pinaccle, dans un parc que nous n'avons pas encore eu l'occasion de visiter car il se situe au-delà d'une place où les Dragons atterrissent.. C'est un genre de grand jardin à la française, avec des allées bien tracées et de grandes haies de la hauteur d'un homme. La Porte est située au centre d'une pelouse rectangulaire, et est bien indiquée par un dalle ronde au sol, avec des incrustations de runes de bronze. La pierre est mangée par le temps et verte de l'oxydation des runes.
Nous ne sommes pas seuls dans le parc. Il y a de grandes quantités de commerçants et de Basilics. Chose rare, ils discutent entre eux de manière agitée. Le groupes se font et se défont, ils jettent tous de fréquents regards vers la Tour.
La Tour est entourée de brumes grises, Armand et moi n'y voyons rien de particulier. Pourtant elle focalise toute l'agitation de la foule?
Notre but premier étant de retourner à l'observatoire, nous nous dirigeons discrètement vers une sortie latérale du parc qui nous permettra de retrouver la rue qui monte en spirale vers le sommet de la colline. Malgré le temps gris, nous profitons de la douceur du jour pour nous réchauffer. La glace de nos barbes fond rapidement. La rue est déserte, tous semblent s'être rendus dans le parc.
Arrivés à mi-chemin, nous sommes bousculés par une violent secousse du sol.
La terre tremble, mais le ciel ne s'obscurcit pas. Il n'y a donc pas de magie à l'œuvre, en tout cas pas ici. Les secousses sont tellement fortes que les tuiles tombent des toits et que nous perdons pied. La Tour quand à elle ondule dans le ciel de manière impressionnante. Une construction de pierre n'est vraiment pas censée se tordre comme un serpent. Mais elle n'est pas non plus censée avoir une pareille hauteur. Ni être magique.
Trois Dragons de feu prennent l'air et cerclent autour de la Tour, peut-être pour attendre la fin des secousses. Celles-ci se poursuivent pendant plusieurs minutes, bien plus longtemps qu'un tremblement de terre. Nous nous sommes assis sous un porche qui nous a l'air bien solide, et nous cramponnons à la pierre. Je crois que nos fesses prennent de sérieux bleus à force de sauter sur le seuil.
Lorsqu'enfin les secousses cessent, la rue est remplie de débris de tuiles et de verre. Quelques auvents de bois n'ont pas supporté les secousses et se sont effondrés à même le pavé. Nous courons vers l'observatoire et constatons que ce dernier a été fortement ébranlé. La porte est ouverte, et plusieurs volets des étages sont tombés.
Dans la salle de la console, le sol est jonché de plâtras tombé du plafond. La console semble intacte, mais ce n'est pas la sphère grise qui se trouve dans le réceptacle! Quelqu'un d'autre a donc utilisé la console après notre départ, ce qui peut être la raison pour laquelle nous sommes revenus par le parc au lieu d'apparaître directement ici. C'est la boule rose qui trône au milieu de la console…
08:24
Écrit par Le Vieux
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18.05.2005
Une porte gelée
Nous avons mis plus de deux semaines à retrouver notre point d'arrivée sur le Monde Gris.
Pendant plus de huit jours le ciel a été d'un noir d'encre sans interruption, et la terre a tremblé. Le soleil était encore visible le jour comme un cercle gris pâle dans un ciel sans étoiles et tellement noir qu'en levant la tête nous avions l'impression de tomber dans le vide.
Le carnet magique a cessé de fonctionner peu après notre départ de Laforge, nous mettant dans l'impossibilité d'envoyer ou de recevoir des messages.
Au fur et à mesure que nous grimpions le froid est devenu mordant. Heureusement il y a eu très peu de vent et aucune précipitation. Nous avons franchi sans encombres un premier col, et suivi faute d'autre idée la route descendant à notre droite sur le flanc de la montagne, en espérant retrouver la Porte Cachée qui nous conduirait sur L'Entre-Mondes. Nous avons dû rebrousser chemin après plus d'une journée de marche car nous n'arrivions nulle part, la route devenue chemin, le chemin sentier, et le sentier se perdant enfin dans les herbes rares d'un plateau désolé.
Puis il a commencé a geler. Les chemins de pierre sont devenus glissants, et notre haleine humide a formé des glaçons sur notre barbe.
Nous nous sommes donc estimés fort heureux de retrouver tout à fait par hasard l'auberge de notre premier jour sur le Monde Gris. L'auberge était fermée, abandonnée à la hâte. Nous avons forcé la porte pour trouver un peu de nourriture, mais avons du nous contenter de vieux pain dur comme de la pierre. Il y avait encore beaucoup de bière, les tonneaux étant restés sur place. Un grand désordre régnait dans toutes les pièces, témoignant d'un départ précipité.
C'est alors que nous nous reposions près de la cheminée et d'un feu de bois que les premières flammes bleues ont commencé à lécher le ciel.
Nous sommes sortis, alertés par de nouveaux tremblements de terre, plus puissants que les précédents, et qui soulevaient la poussière sur les armoires de l'auberge.
L'horizon tout entier était parcouru de longues langues d'un feu bleu électrique, comme les arcs provoqués dans ces lampes à grosses boules que l'on vend sur terre dans les magasins de gadgets.
Et soudain, tout a cessé.
La terre s'est calmée. Le ciel a lentement repris ses couleurs normales, gris clair avec un soleil jaune pâle pointant à peine au travers des nuages bas.
Nous avons dans la clarté retrouvée repris en toute hâte le chemin de la Porte Cachée. Nous avons retrouvé la fine ligne ocre se détachant sur le fond gris du flanc de la montagne, et avons franchi la porte sans précautions aucunes.
Et nous ne nous sommes pas retrouvés dans la salle de l'Observatoire, devant la console, mais bien au milieu d'un parc, entre deux haies taillées au cordeau.
09:11
Écrit par Le Vieux
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