26.04.2005
Sur la route de la montagne
Pour la première fois nous avons vu des Dragons au travail, surveillant le transfert de cargaisons par le Puits sans Fond. Il s'agit de Grands Dragons, incroyablement massifs, entourés d'une cours de Basilics qui prennent des notes et consultant des registres.
Près de la Porte ce sont deux jeunes Dragons de Feu qui montent la garde. Cet endroit doit donc être important pour mériter tant d'attention de la part de ces cracheurs de feu. C'est n'est donc pas par là que nous retournerons sur l'Entre-Mondes.
Au matin, les palans ont interrompu leurs opérations de chargement et déchargement, pour placer dans le Puits Sans Fond une construction de bois, une grande rampe en colimaçon. Une colonne d'hommes en provenance de Grandfeu a ensuite utilisé cet escalier pour descendre vers un autre monde dont nous ne voyons d'ici absolument rien. Les chariots sont descendus par palan, mais les bêtes de traits ont accompagné les humains. C'est donc le Monde Gris en entier que l'on vide. Ici il ne restera bientôt plus que des Salamandres, des Basilics et des Dragons…
Les Dragons survolent fréquemment la ville. Nous en voyons qui embrasent les abords de la forêt dans la direction de la montagne. Nous devrons faire vite et profiter de la relative couverture de l'obscurité pour traverser cette région et atteindre les premiers contreforts rocheux. Nous partons dès la nuit retombée, alors que des Dragons de Feu incendient quelques bâtiments encore debout. Ils pratiquent une politique de la terre brûlée qui nous met en danger permanent d'incendie.
Une fois partis vers la forêt, nous constatons avec horreur que dans les cendres qui recouvrent la terre dans les zones fraîchement brûlées nos traces de pas seront visibles comme le nez au milieu de la figure. Nous décidons de faire alors un détour pour faire croire aux observateurs que nous faisons simplement le tour de la cité. Les brûlis s'arrêtent en bordure d'un ruisseau que nous traversons en sautant de pierre en pierre. Nous nous enfonçons dans la forêt et faisons alors demi-tour pour essayer de retrouver le chemin des montagnes.
Au lever du jour, nous marchons dans une végétation basse, des bruyères parsemées d'arbustes urticants. On ne peut pas dire qu'il fait clair, le ciel est très gris et on ne devine qu'avec peine la position du soleil derrière cette brume. Mais elle est suffisamment haute que pour ne pas gêner les Dragons qui continuent à survoler la région. Derrière nous plusieurs colonnes de fumée s'élèvent, de nouveaux incendies ont été allumés.
Nous rejoignons enfin le chemin caillouteux vers les sommets. Si la pente n'était pas si forte nous aurions pu essayer de courir, mais ici c'est impossible.
Nous croisons pendant la journée plusieurs convois de personnes qui se rendent vers le Puits Sans Fond: ils ne portent qu'un minimum de bagages, et accompagnent des chariots remplis d'effets personnels. Pas de marchandises, et juste un ou deux Basilics qui les accompagnent. Ce n'est certainement pas un convoi commercial.
à chaque fois qu'un convoi approche nous nous écartons du chemin afin de ne pas nous faire voir.
Ce qui est inquiétant c'est de voir comme tous ces gens sont couverts de gros manteaux épais et portent de grosses bottes fourrées. Il risque de faire fort froid la haut!
08:41 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
Facebook |
19.04.2005
Laforge
Laforge ne ressemble pas à une ville, mais plutôt à un champ de bataille ravagé par les explosions.
Dans la plaine au pied des montagnes les bâtiments détruits se succèdent, la terre est noire et les débris de structures métalliques tordues par le feu sont autant de miradors sinistres qui surveillent notre approche.
Près du port les bâtiments sont toujours debout, des forges en pleine activité. Des centaines de hautes cheminées de brique rejettent de la fumée noire qui dépose sur tout le paysage une fine couche de suie. De pestilentielles odeurs sulfureuses imprègnent le paysage. Laforge n'est pas un endroit où il fait bon vivre!
Dans ce paysage semi-désertique, une approche de jour est impossible si nous voulons rester discrets. Nous avons donc profité de la nuit pour entrer dans la partie active de la ville. Ici, pas de repos la nuit. Des équipes s'affairent auprès des hauts-fourneaux mais également dans des laminoirs actionnés par de gigantesques machines à vapeur.
Entre les usines et le port, flanquée de part et d'autre par des entrepôts, une petite ville de baraques et de dortoirs est coincée. Tout au centre, une grande place rectangulaire: un endroit facile pour l'atterrissage des Dragons.
Il y a deux autre places circulaires. Autour de la première nous voyons des auberges et des boutiques, nous nous y rendons donc pour nous restaurer. Nous choisissons une auberge aux larges fenêtres qui nous permettent de vérifier l'absence de Basilics avant d'entrer, et leur approche éventuelle une fois attablés.
De la fenêtre, nous voyons en enfilade la place, l'avenue qui mène à la piste d'atterrissage des Dragons, et la seconde petite place par delà. Au centre de celle-ci, surveillée par des Basilics, une Porte comme celle près de la tour de L'Entre-Mondes, avec son pupitre de commande aux boules multicolores.
Après avoir mangé (et bu…), nous nous dirigeons vers la périphérie de la cité, près d'un laminoir, car plusieurs bâtiments encore intacts mais qui ont l'air abandonnés peuvent nous y servir de cachette.
Plus proche des laminoirs, nous apercevons alors pour la première fois un Puits Sans Fond, hérissé de grues. On y porte des profilés, des caisses, des sacs, qui sont soulevés par des palans et abaissés dans le puits. Au bout de quelques minutes, le palan remonte, vide.
C'est d'ici que la production du Monde Gris part à destination du lieu de montage de la grande machine dont les Dragons veulent faire usage pour réunir les différents Univers.
12:45 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
Facebook |
12.04.2005
Lune rousse
Il nous semble évident que les événements s'accélèrent. Nous préparons nos paquets, et passons une nuit assez agitée, car la Tour nous réveille encore par deux fois.
Au matin nous remarquons que nous ne sommes pas les seuls à faire nos provisions pour le voyage. Les Basilics ont annoncé qu'il n'y aurait plus de livraison de plaques de métal à transborder. Les manutentionnaires du port se rendent donc à Laforge pour retrouver leur famille. Nous passons inaperçus dans la foule et prenons un bac vers la route de Laforge.
Des chariots sont prêts à emmener des passagers vers l'amont. Comme des Basilics notent les noms de passagers nous nous écartons de la route et faisons un crochet pour la retrouver plus loin. Nous avons du mal à passer une des barricades de protection contre les Salamandres, et devons marcher près d'une heure pour trouver un point de passage. Mais l'avantage c'est qu'il se trouve sur un chemin qui va dans la bonne direction. Le chemin a été tracé vraiment comme au cordeau, sans tenir compte des irrégularités du chemin. A certains endroits il tranche les collines comme un coup de hache. La pierre en bord du chemin est lisse comme du verre, comme fondue. Encore un vestige de l'utilisation de la magie sur ce monde.
Nous ne sommes pas à l'aise dans ces chemins encastrés entre deux parois rocheuses en nous souvenant de l'intelligence des Salamandres en chasse. Si nous étions ici pris en étau nous n'aurions aucun moyen de nous échapper. Nous cherchons donc assez tôt un abri sûr pour la nuit et pensons le trouver dans un groupe d'arbres imposants. Leur tronc mesure plus de deux mètres de diamètres, et les branches les plus basses se trouvent à plus de trois mètres du sol. Nous construisons une échelle de fortune au moyen d'une grosse branche que nous élaguons quelque peu et posons contre le tronc. Une fois dans l'arbre, il nous suffit de tirer la branche à nous pour être hors de portée des Salamandres. Les branches maîtresses sont tellement larges que nous pourrons même nous risquer à dormir dessus sans trop de risque de tomber.
Lorsque la nuit tombe, nous voyons au loin trois hautes flammes violettes s'élever dans le ciel. Du côté de la rivière, ce sont les petites taches orangées des flambeaux qui indiquent le passage d'une caravane sur le chemin de halage.
Pour la première fois les nuages s'écartent largement et nous avons une vue claire d'un ciel étoilé et d'une lune rousse. Elle est plus grande que la Lune de la Terre et possède à première vue elle-même une petite lune grise.
Les deux lunes veillent sur notre sommeil qui ne sera pas troublé par les inquiétantes lueurs à l'horizon.
15:56 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
07.04.2005
Flammes
Une journée à ne pas faire grand chose, cela fait du bien. A part nous procurer d'autres torches et déguster soupe aux saucisses, bière et fromage, naturellement.
Dans le courant de l'après-midi, alors que nous sommes attablés dans une taverne, près de la fenêtre (pour repérer les éventuels Basilics), le ciel s'obscurcit à nouveau. Par la fenêtre nous voyons les trois plates-formes de la tour s'illuminer d'une flamme d'un bleu électrique. Le sol de la taverne tremble et une sensation étrange nous traverse fugitivement.
Le Commerçant derrière le comptoir et les autres clients attablés ne semblent pas très rassurés non plus. Nous ne participons pas aux conversations, mais avec nos oreilles indiscrètes nous recueillons un maximum d'informations.
La tour de la ville haute serait activée par les Dragons dans le cadre de leurs expériences de fusion des mondes. Les flammes bleues sont la conséquence d'une fuite d'énergie entre les univers, et elles sont à chaque expérience plus grandes, plus fortes. Leur apparition dure également de plus en plus longtemps. Nous apprenons ainsi que les Dragons ont averti les habitants de Trois-Ponts d'avoir à se préparer à quitter la ville au début de la saison prochaine en prévision d'une tentative de briser les barrières entre les différents univers. tous auraient à se rendre à Laforge pour se rendre sur une autre monde. De nombreuses femmes et enfants y seraient déjà partis.
Les flammes ont duré moins d'une minute mais les conversations continuent bon train pendant encore près d'une heure. Jusqu'à ce que la tour s'illumine encore une fois.
Cette fois-ci le sol tremble vraiment, les verres s'entrechoquent et les assiettes dérivent vers le bord des tables. De la poussière tombe du plafond et s'élève du dessus des armoires (preuve de ce que l'on a négligé les nettoyage de printemps). Au-dehors les flammes qui s'élèvent sont comme trois fleurs étranges, pourpres à l'extérieur, d'un bleu profond ensuite et plus blanche qu'un flash au magnésium au centre. Je recommande à Armand de ne pas les regarder sans protection.
A nouveau, cette étrange sensation d'être tordu de l'intérieur, d'être passé tout entier par le chas d'une aiguille. Et lorsque cela s'arrête brusquement, un vent violent qui se lève, une pluie drue qui se met à tomber, bientôt suivie par des bourrasques de grêle.
Un homme entre dans la taverne en criant, et tous se précipitent au-dehors malgré les éléments: une barque est en perdition au milieu de la rivière. Les hommes courent vers le pont le plus proche, mais l'embarcation est déjà trop loin, remplie aux trois quarts d'eau. Au loin de minuscules figures se hâtent sur le grand pont au-delà de la ville, et les commentaires fusent.
"Ils vont jeter une corde?"
"Mais ils peuvent s'accrocher aux piles du pont"
"Il y a trop de courant et les piles sont protégées par des billots de bois, c'est trop glissant pour s'accrocher!"
"Oui, ils ont jeté une corde"
"Ils ne sauront pas remonter par la corde"
"Mais on peut les tirer jusqu'à la rive"
"Pas si la corde est de ce côté, ils passeraient sous le pont"
"Il y a une barge qui dérive aussi"
"Ca y est, ils sont accrochés à la pile du pont"
Nous rentrons alors dans les souterrains, car des Basilics arrivent, attirés par l'attroupement.
Nous ne devrons pas débattre longtemps pour prendre une décision. Nous prendrons demain la route de Laforge, e si Laforge ne nous offre pas de passage vers notre monde, nous remonterons par là dans les montagnes et ferons le chemin des montagnes sans plus nous arrêter, afin de retrouver la porte vers l'Entre-Mondes. Revenir sur nos pas vers Grandfeu nous semble bien trop dangereux.
15:28 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
05.04.2005
La porte disparue
Nous redescendons à la lueur d'une torche les escaliers de la tour. C'est nettement moins fatiguant que monter, mais c'est extrêmement monotone. Je pense même que nous avons failli nous endormir pendant la descente.
A partir du moment où nous avons commencé à avoir mal aux pieds et aux mollets nous avons commencé à nous inquiéter. Notre provision de torches diminue et nous n'avons pas encore rencontré la porte au niveau de la ville haute, ce qui est hautement improbable.
Un rapide calcul mental sur base du temps écoulé et des marches parcourues en une minute nous fait nous retrouver largement sous le niveau des souterrains. Et nous n'avons vraiment pas rencontré de porte.
Une demi-heure de descente supplémentaire nous le prouve de manière irréfutable: l'escalier se termine abruptement, sur une dalle de pierre épaisse, graisseuse et humide. Nous n'avons qu'une seule issue: le haut. Nous décidons de remonter à noter aise mais dans l'obscurité pour économiser nos deux dernières torches. Remonter est éprouvant pour nos jambes raides, et nous allons nettement moins vite que lors de notre première ascension.
Nous avons fait trois pauses pendant ce nouvel effort. Nous devons nous situer au niveau des souterrains ou plus haut, nous en sommes certains. Mais toujours pas de porte.
Armand décide d'ôter ses chaussures car ses pieds souffrent fort. Personnellement je ne trouve pas que marcher pied nu sur la pierre soit spécialement relaxant, mais chacun ses goûts, n'est-ce pas?
Ce sont les pieds d'Armand qui nous donnent un précieux indice: tout à coup ce dernier me chuchote: "J'ai froid aux pieds, ici… il y a un courant d'air!"
Portant la joue à la pierre, je sens en effet un léger filet d'air qui court sur les marches. Nous montons un peu, redescendons quelques marches, pour repérer la source de ce léger vent. Et dans l'obscurité, mes mains trouvent une surface de bois!
Utilisant une nouvelle fois la lampe électrique presque déchargée, nous inspectons le mur de pierre. C'est une illusion, un mirage: nous voyons la pierre, mais nous sentons le bois sous nos doigts. A tâtons nous trouvons la poignée, et il suffit de la tourner quelque peut pour que l'illusion disparaisse comme une bulle de savon éclate, et que la porte disparue s'ouvre sur le souterrain.
Plus que quelques centaines de mètres à parcourir et nous pourrons manger, boire et nous reposer!
15:29 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
04.04.2005
Impossible dessin
Aux première lueurs nous nous mettons au travail. Il fait en effet tellement froid ici en haut que nous voulons redescendre le plus vite possible. Nous nous déplaçons à 4 pattes sur la plate-forme, non seulement à cause du vertige, mais également par prudence. Nous ne voulons pas être vus par qui que ce soit sur le sol, et nous ne voulons certainement pas non plus être renversés par une rafale de vent, en l'absence de garde-fou.
Nous essayons, Armand et moi, de recopier une première série de runes. Le dernier dessin est extrêmement frustrant. Il y a quelque chose de particulier à ces traits entrelacés, que nos crayons n'arrivent pas à capturer.
Le dessin est strictement limité à deux dimensions, mais il donne une étrange impression de profondeur qui va nettement plus loin que le simple trompe-l'œil. En comparant nos croquis, Armand et moi constatons même que nous ne voyons pas certains traits et lignes de la même façon. En recommençant le croquis, je réalise que mon second essai est différend du premier en des points dont j'étais certain de la fidélité. Pourtant, lorsque je fixe la rune, je ne vois rien changer ni bouger.
Armand et moi observons tellement attentivement le dessin que nous nous absorbons entièrement dedans. Ce n'est que lorsque ma tête heurte le sol que je sors de ma torpeur. Armand est toujours assis, les yeux fixés sur la gravure dans le bronze, appuyés sur les mains qu'il a étendues derrière lui. Il recule lentement, comme pour prendre du recul, s'approchant du bord de la terrasse. Je dois le secouer pour casser le charme.
C'est toute notre théorie sur les runes qui s'effondre. Nous pensions les cataloguer, en déduire leur signification, et apprendre à les utiliser. Cela semble peine perdue, la technologie (peut-on parler de technologie pour de la magie?) nous dépasse totalement. Nous n'arrivons même pas à décrire ce que nous voyons!
Entre-temps le soleil, que nous ne voyons pas mais devinons derrière les nuages gris, est haut dans le ciel.
Faute de temps, nous croquons seulement une carte des environs . J'ai essayé de recopier la rune incopiable en utilisant la technique du grafitage, sans résultat. Le dessin reste vague, comme si le graphite n'adhérait pas sur certaines zones du dessin.
Comme nous nous apprêtons à redescendre l'escalier de la tour, les nuages sont pris d'un mouvement soudain alors qu'un voile d'obscurité s'étend sur la ville. Ceci ne peut signifier que l'arrivée d'une grande quantité de Dragons ou l'utilisation d'une importante source de magie sur ce monde où elle est bannie.
Les plates-formes d'observation s'illuminent soudain de trois grandes flammes bleues, alors que la tour semble vivre et trembler sous nos pas. Nous nous accrochons aux marches, laissant juste la tête dépasser, ce qui nous permet de voir une des plates-formes. La flamme bleue s'élève en sifflant, et nous avons soudain l'impression que la tour s'effondre en tournoyant.
Puis c'est à nouveau le calme. La flamme meurt en un claquement sec. Les pulsations de la tour cessent instantanément. Et le ciel reprend lentement de la clarté.
Quelque chose s'est passé, mais nous ignorons quoi.
15:04 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
01.04.2005
La tour de trois-Ponts
Nous commençons notre exploration par l'escalier qui descend en spirale vers les profondeurs du rocher. Nous n'allons pas très loin, car après avoir colimaçonné plusieurs centaines de marches nous sommes bloqués par une surface d'eau fétide. Nous devons nous trouver à plus de 30 mètres sous le niveau de la rue, soit à vue de nez plus de 25 mètres sous le niveau des rivières. Les dernières dizaines de marches sont glissantes et poisseuses, le niveau de l'eau n'est sans doute pas constant. Rien ne nous permet de deviner le nombre de marches englouties ni le lieu mystérieux auquel l'escalier conduisait. Nous décidons donc de parcourir le couloir principal jusqu'au bout (s'il en a un).
Un peu comme dans les souterrains du Passage, nous trouvons un porte latérale en bois épais tous les cinquante mètres environs. Nous ne nous y attardons pas et nous dépêchons d'avancer dans le couloir principal que nous voulons découvrir avec la lampe électrique avant que celle-ci ne rende l'âme. Nous passons donc exactement 24 portes latérales et puis le couloir s'arrête sur un mur arrondi muni d'une porte cintrée. D'ici nous ne voyons plus l'entrée que comme un minuscule point de lumière dans le lointain.
Derrière la porte, à nouveau un escalier en colimaçon. Je suis persuadé que nous nous trouvons déjà dans la tour qui surmonte la ville haute. En tout cas l'escalier ne s'arrête pas à notre niveau mais continue à plonger dans les profondeurs du rocher. Mais c'est vers le haut que nous voulons aller, vers cet étrange sommet de la tour avec ses trois plates-formes d'observation.
La lueur de la lampe vacille, nous allumons donc une torche. Sa flamme produit de la fumée, et elle dégage une odeur forte de graisse cuite, mais nous n'avons pas vraiment le choix. Armand compte les marches. Nous en escaladons (rapidement au départ, nettement moins vite après quelques minutes) 986 exactement avant de rencontrer la porte suivante. Cette porte est fermée à clef, et se trouve en fait dans un renfoncement de la tour. De part et d'autre une petite fenêtre permet de voir qui se trouve devant la porte. Par cette petite ouverture nous pouvons également voir une partie de rue ou de place pavée. Nous sommes donc au niveau de la ville haute.
Il y a du passage dans cette rue. Je vois quelques robes longues de Basilics, puis Armand voit passer un chariot tracté par un bovin.
Les jambes sciées, nous mangeons un bout de pain et discutons à voix basses nos options. Retourner à notre base? Cela signifie redescendre, mais surtout devoir remonter demain. Continuer l'ascension? Cela signifie des mollets durs comme le fer demain, mais moins de fatigue à redescendre. Nous continuons donc l'exploration de l'escalier.
Des marches, des marches et encore des marches, mais plus de porte… nous sommes coincés. Plus vraiment la force ni le courage de monter, pas le courage de redescendre car cela signifie remettre cela demain. Alors nous nous reposons et reprenons notre montée. Une fois, deux fois, une troisième fois. Nous calculons que nous pouvons utiliser d'avantage de torches pour la montée car la descente sera plus rapide, mais ce sera fort juste. Ou alors il faudra redescendre dans le noir (il n'y a quand même rien à voir)?
Et puis c'est le sommet. Nous sentons d'abord le vent, l'odeur de l'air frais, et après encore deux tours nous sommes dehors, dans le noir de la nuit qui est entre-temps tout à fait tombée, sur une plate-forme circulaire, un gigantesque plateau de bronze accroché à la tour de pierre. Pas de garde-fou, rien pour nous empêcher de glisser et tomber. J'en suis malade, j'attrape immédiatement le vertige et me retrouve à quatre pattes, un nœud dans le ventre. Au bord de ce plateau circulaire trois étroits escaliers s'élancent en porte-à-faux. Ils donnent accès à trois plates-formes d'observation, encore une fois sans aucune protection contre les chutes. Sous les plates-formes, le bronze a été coulé en forme de tête de dragon, trois têtes différentes qui portent l'observatoire entre leurs cornes effilées. La tour elle-même est chapeautée par un dôme pointu.
Nous ne voyons rien des alentours, car nous sommes entourés par la brume des nuages bas. Mais sur la tout même il y a énormément à voir!
Il y a des runes partout. Sur le pourtour du dôme, en bordure du disque de la plate-forme, gravées dans les marches des escaliers. Nous ne voyons malheureusement plus assez clair pour les copier, et n'osons certainement pas allumer une torche ici où elle serait visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Nous redescendons de quelques marches pour nous mettre à l'abri du vent et du léger crachin qui commence à tomber. Dormir sur les marches ne sera pas facile, mais au matin nous pourrons recopier les runes et jeter un regard prudent sur le paysage.
16:07 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
Les grottes de Trois-Ponts (2)
De notre caverne nous avons profité de l'après-midi pour faire des emplettes (sans rien payer c'est très agréable) de nourriture et de choses diverses.
Un des Commerçants du marché offrait de troquer un énorme bric-à-brac disparate. Nous y avons trouvé des objets étranges, dont nous pensons qu'ils proviennent d'autres mondes de l'univers des Portes Cachées. Il est fort probable que ce soient des voyageurs comme nous qui les ont échangés contre l'un ou l'autre artefact à leur goût. Dans une corne à boire au pied en étain je vois même une série de bics publicitaires en provenance de ma Terre à moi. Ce sont des bics vraisemblablement ramassés dans des hôtels ou centres de conférence de luxe d'après les noms qui y sont gravés. Il y en a un d'un hôtel de Hong-Kong, un autre d'un centre de conférences d'Helsinki…
Nous avons obtenu d'un Commerçant une petite brosse à main qui nous permettra de nettoyer un peu notre caverne. Nos sacs sont pleins de fruits, fromage, et même de bière (en cruches de terre cuite)!
En fin d'après-midi nous nous retranchons dans notre abri de roches car les Basilics vont revenir des quais de chargement et déchargement de l'autre côté des deux cours d'eau. En fait, par notre fenêtre invisible nous apercevons partiellement ceux-ci à gauche et droite. A droite ce sont les quais sur la rive opposée de la Dracht, où la plus grande partie des barges en provenance de Grandfeu sont déchargées. Il n'y a là aucun entrepôt, le contenu des barges est immédiatement chargé sur des chariots qui prennent la route de Laforge. Par contre, nous voyons des écuries (comment appeler autrement ces bâtiments? ) destinées aux bêtes de traits. Et une prairie entourée d'une haute et épaisse palissade (pour protéger ces bêtes des salamandres?).
Nous allons profiter de la soirée pour explorer plus avant les grottes sous la ville haute.
09:05 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |





