28.06.2005
La fin de l'Entre-Mondes?
Nous nous sommes cachés pendant plusieurs heures dans les combles de l’observatoire.
Dès la fin des secousses, nous avons entendu les Commerçants et les Basilics monter les marches du grand escalier. Ils ont défilé pendant tout ce temps, portant baluchon ou sac, et disparu vers le monde rose.
Depuis la soupente nous avons vu les Dragons s’envoler et cercler tous ensemble autour de la Tour.
Armand et moi sommes inquiets de ce mouvement de panique généralisée: que se passe-t-il ? Pourquoi partent-ils tous ?
Le ciel a commencé à s’obscurcir alors qu’un dernier groupe de Basilics en armes passait la porte. Dehors, les Dragons ont crié, d’une voix si basse que les murs ont vibré à l’unisson., et ils ont soudain disparu du ciel.
Nous nous sommes aventurés sur la terrasse, et il n’y avait plus personne en vue. Pas même un Voyageur. Le ciel trop noir ne nous permettait pas de voir au loin, comme si un mur d’obscurité entourait la ville. Nous n’avons pas osé sortir et avons préféré attendre la suite des événements, attendre un signe.
Maintenant, le signe est apparent ! Nous avons entendu un nouveau grondement, la terre a à nouveau tremblé, et nous avons vu à la lueur d’éclairs d’un bleu électrique les ponts s’effondrer dans la rivière. La terre ondule à perte de vue, le bâtiment qui nous abrite monte et descend comme un bateau secoué par les vagues.
La Tour est le centre d’un immense orage électrique qui l’éclaire sur toute sa hauteur. Pourtant, nous n’en voyons pas le sommet, elle semble s’élancer vers l’espace infini, comme un fil de soie vers les étoiles.
Maintenant, ce sont les murs entre le Pinacle et le Passage qui s’effondrent. Les vitres de l’observatoire sont toutes brisées, l’air est épais de poussière et de plâtras.
Nous décidons de repartir sur le monde gris, ne désirant pas arriver sur le monde rose au beau milieu des Basilics.
Mais la boule grise reste inerte, la Porte ne s’ouvre pas.
Devant nous, le tonnerre claque. La foudre (est-ce bien de la foudre ?) a frappé le sol de la place et les pavés volent. Une des colonnes de marbre de la pièce se fend et s’effondre, le plafond dégingole sur nos têtes.
Nous reposons en hâte la boule rose sur la console de bronze, mais la Porte reste fermée.
Alors, nous fuyons, dégringolons l’escalier, glissons sur les pavés mouvants pour atteindre la ruelle qui nous permettrait de rejoindre le fleuve, quitte à le passer à la nage. Mais la rue est bloquée par les maisons qui s’effondrent.
Derrière nous, au centre de la place, se dresse la Tour. Malgré qu’elle soit le centre physique du cataclysme, elle se tient encore bien droite au milieu d’un monde qui ondoie et se défait. Alors, nous nous précipitons vers elle, vers la porte noire qui nous regarde comme une main tendue, et nous nous jetons dans l’inconnu de cette tour étrange.
La porte bat en harmonie avec les vibrations qui désintègrent l’Entre-Mondes, et nous devons nous y mettre à deux pour la fermer et rabattre le lourd loquet de bronze.
Le silence se fait brutalement.Le fait de fermer la porte nous a coupé d’un monde en décomposition.
07:45 Écrit par Le Vieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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